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Chat forestier

Felis silvestris

Tête+corps : 520-650 / 480-570 mm ; queue : 260-340 / 250-320 mm ; poids : 3,5-7,7 / 2,5-5,2 kg
Morvan : l'chait sauvaije. Anglais :wild cat. Allemand : Wildkatze. Hollandais : wilde kat. Italien : gatto selvatico .

Seul représentant de la famille des félins, le chat sauvage est un animal discret et les observations directes sont très rares en Morvan du fait de son habitat fermé. L'observation dans les phares de voiture et les individus victimes de la circulation routière sont les contacts les plus fréquents avec l'animal. Son pelage est gris fauve avec des raies dorsales noirâtres moins visibles que le chat tigré domestique. La queue épaisse est caractéristique ; longue de la moitié de la longueur du corps, d'un diamètre uniforme, elle est marquée de sept à huit anneaux noirs dont le dernier enveloppe le bout de la queue. Le chat sauvage a le nez rose et de longues vibrisses blanches (moustaches). Le mâle, d'un poids moyen de 5 kg, est plus gros que la femelle, poids modeste contrairement à bon nombre d'idées reçues !

Le chat forestier est l'hôte des grands massifs forestiers. Il affectionne particulièrement les milieux semi-ouverts comme le bocage du Morvan. Il apprécie les clairières, les friches et les boqueteaux. C'est là qu'il établit son territoire de chasse.

La nourriture du chat sauvage est exclusivement carnée. Habile, il chasse principalement à l'approche et à l'affût. Il capture principalement des petits rongeurs et l'essentiel de son régime repose toute l'année sur ces mêmes proies (de 60 à 95 % en Lorraine). Comme proies secondaires, les oiseaux, passereaux exclusivement, les lapins de garenne, les cadavres de grands mammifères, les petits mustélidés, les rats musqués, les amphibiens, les poissons font partie des ressources alimentaires potentielles.

crotte

La reproduction a lieu au printemps (avril-mai) et la chatte donne naissance en moyenne à trois chatons. Plusieurs auteurs citent des gîtes et nichées dans les nids de corvidés, des cavités naturelles des arbres, dans des cavités artificielles comme les nichoirs à hulotte à plusieurs mètres du sol, des terriers abandonnés et des cavités dans des falaises. Personnellement, j'ai eu l'occasion de trouver un gîte dans un vieux tas de bois à 2 m d'un chemin forestier (contenant trois chatons) et un autre camouflé sous un chêne, dans un roncier à même le sol, avec pour simple litière quelques feuilles sèches. Dans ce ' nid ' rudimentaire, les trois jeunes encore aveugles étaient tous identiques. Ils avaient les rayures noires, plus marquées que les adultes, la queue pointue et les extrémités des oreilles noires.

Carnivore essentiellement nocturne, la période d'activité commence en fin d'après-midi et se termine à l'aube. Néanmoins, le chat forestier peut avoir une activité diurne. A l'époque des jeunes, l'observation des femelles en train de muloter dans les prairies de fauche en juillet est fréquente dans les régions plus ouvertes comme les prairies de l'Auxois, de la Haute-Marne et du Jura. De même, la découverte du cadavre frais d'un mâle, ce printemps, sur une route entre midi et 13 h, laisse présager une activité diurne non négligeable. Les adultes aiment prendre des bains de soleil perchés en haut des arbres.

trace

Au siècle dernier, il fut beaucoup pourchassé et recherché pour sa fourrure dans toute l'Europe. La chasse, le piégeage, la déforestation et le trafic routier sont en partie responsables du déclin de l'espèce en Europe. Protégé intégralement en France depuis 1976, il est inscrit à l'annexe II de la convention de Berne depuis 1980 qui lui donne un statut de protection intégrale dans les pays qui ont ratifié cette convention. Le chat sauvage est bien présent au nord-est de la France, principalement en Lorraine, Champagne-Ardennes, Franche-Comté et Bourgogne. Sa présence est décelée dans toutes les localités boisées. Ces zones, dont le Morvan fait partie, confèrent un rôle de premier plan dans la conservation de cet animal en Europe. Le chat sauvage a peu de prédateurs connus mis à part l'homme, néanmoins les jeunes chats peuvent être des proies potentielles de la martre. Le chat sauvage a encore mauvaise réputation et il serait encore détruit illégalement par piégeage et tir direct. Assez commun sur le massif, l'hybridation avec le chat domestique des hameaux et villages étant possible, il serait intéressant de connaître l'impact des croisements sur la population de chats sauvages.

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