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Rongeurs

Avec plus de la moitié des espèces mammaliennes mondiales, l'ordre des rongeurs est sans aucun doute l'ordre le plus représenté. Les rongeurs sont probablement les mammifères les plus connus de l'homme car ils ont joué et jouent encore un rôle important dans son histoire. Ils entrent en concurrence alimentaire avec lui. Ils souillent et polluent de nombreux aliments, causent des dommages importants aux cultures lors de leur pullulation et sont porteurs de maladies graves et transmissibles comme la peste, les leptospiroses, la tularémie, la toxoplasmose...

Mais les rongeurs, de par leur grande variété, jouent également un rôle primordial dans les différentes niches écologiques. Ils participent à l'aération du sol, à la dispersion des graines et, situés au début des chaînes alimentaires, leur diversité a permis la radiation évolutive des prédateurs. Il ne faudrait pas oublier en complément la contribution fondamentale de quelques espèces dans la recherche scientifique en tant qu'animaux de laboratoire.

crâne de souris

Tous les rongeurs ont une dentition incomplète : une paire d'incisives (les dents rongeuses) à chaque maxillaire supérieure et inférieure, un grand espace vide, le diastème, résultant de l'absence de canine et des premières prémolaires, et les molaires. Les incisives sont sans racine donc à croissance continue et

permanente, tout comme les molaires. Cependant deux espèces présentent des racines sur ces dernières : le campagnol roussâtre et le rat musqué. à cela s'ajoutent un corps cylindrique porté par des pattes courtes, un cou épais et des doigts terminés par des griffes. Le régime alimentaire est herbivore, granivore ou omnivore.

Ils ont colonisé quasiment tous les milieux et ils présentent des adaptations liées à leur mode de vie : les espèces fouisseuses (yeux, oreilles et queue réduites, corps quasi-cylindrique, membres pourvus de fortes griffes), les espèces aquatiques (fourrure épaisse, poil souple et serré, pavillon externe de l'oreille réduit, queue longue qui peut être aplatie, pieds larges et semi-palmés), les espèces arboricoles (queue importante longue et touffue, doigts allongés).

campagnol souterrain

En Morvan, l'ordre des rongeurs compte dix-huit espèces réparties en cinq familles : la famille des sciuridés, l'écureuil ; la famille des gliridés, le loir, le lérot et le muscardin ; la famille des cricétidés, les campagnols et le rat musqué ; la famille des muridés, les rats, les souris et les mulots et la famille des myocastoridés, le ragondin.

En Bourgogne, une autre famille est de nouveau présente : la famille des castoridés, avec comme unique représentant, le castor européen (Castor fiber). Présent en Nièvre, il fut découvert en 1986 à Mars-sur-Allier puis dans d'autres localités (Cosne-sur-Loire, Pouilly-sur-Loire, Fleury-sur-Loire, Avril-sur-Loire). Cette population nivernaise provient d'une réintroduction de treize individus entre 1974 et 1976 aux environs de Blois par la Société d'étude et de Protection de la Nature du Loir-et-Cher. Ce gros rongeur a donc progressivement colonisé la

Loire puis l'Allier, et des chantiers, des crayons et autres indices de présence peuvent y être observés. Il semble que sa population est en forte progression depuis deux ans.

castor

Vu la diversité et la complexité des rongeurs, leur systématique et en particulier celle des campagnols souterrains, est loin d'être claire et définitive. Actuellement, les Pitymys européens (campagnols souterrains) s'appellent Microtus.

Pour cette étude, la grande majorité des données provient de l'analyse des pelotes de réjection des rapaces (la chouette effraie essentiellement) puis de l'observation d'animaux vivants, d'animaux morts ou bien de traces (nids, empreintes, crottes, terriers). Les analyses des carnets de piégeage nous ont donné quelques indications qualitatives sur les captures de rats musqués.

mulot

Tout comme les musaraignes, les pelotes de chouette effraie nous fournissent une assez bonne représentativité des densités relatives des campagnols dans les différents paysages de l'étude. En effet, les proportions de campagnols agrestes, de campagnols roussâtres et de campagnols souterrains augmentent avec l'altitude aux dépens de celle du campagnol des champs qui diminue sensiblement. Le régime alimentaire de cette chouette est plus diversifié en pays de bocage où le paysage est plus hétérogène.

Bien que l'homme utilise de nombreux moyens directs pour lutter contre les rongeurs ravageurs (poisons, pièges, tir...), les menaces qui pèsent sur certaines espèces sont d'ordre indirect. En effet, l'action humaine n'a eu que peu d'impacts sur la répartition des rongeurs autochtones et il n'y a pas eu de perte au niveau de l'espèce. Par contre, il est évident que les changements des modes de cultures et des méthodes agissent sur les espèces et leur population. La modification profonde d'un milieu entraîne un changement de sa faune et de l'installation d'autres espèces. Cette constatation est facilement observable avec les rongeurs : par exemple, le drainage des prairies humides entraîne la disparition du campagnol amphibie et du campagnol agreste, l'arrachage des haies provoque le départ du mulot et du campagnol roussâtre et inversement, le boisement permet leur installation et la perte du campagnol des champs, l'abandon des terres agricoles aux friches amène le campagnol agreste, le rat des moissons, les mulots puis le campagnol roussâtre...

rat des moissons (Photo François Schwaab)

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