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Carnivores disparus

L'ours brun (Ursus arctos) occupait à l'époque historique une grande partie des régions tempérées. Il était encore présent en Bourgogne aux XV et XVIème siècles. Son aire de répartition n'a cessé de régresser et la France compte moins d'une dizaine d'individus formant une population relictuelle cantonnée dans les Pyrénées.

Le lynx (Lynx lynx), appelé loup-cervier par les zoologistes du XVIIIème siècle, est un animal typiquement forestier. Il disparaît du Bassin parisien au XVIème siècle et est refoulé en montagne par la chasse et le piégeage. Par ignorance et cupidité, le lynx était réputé animal ' féroce et sanguinaire '. En Nièvre, la prime pour une tête de loup-cervier valait 20 livres en 1655 soit le double de celle du loup. C'est vraisemblablement vers le XVIIIème siècle que le lynx a disparu de la faune bourguignonne. Il s'éteint dans les Vosges vers 1830, dans le Massif central vers 1875, dans le Jura vers 1885 et dans les Alpes entre 1910 et 1940. Grâce aux réintroductions suisses, dès 1975, et françaises, dès 1983, le lynx est de retour dans la chaîne du Jura et dans les Vosges.

Actuellement, en France, le vison d'Europe, Mustela lutreola, a un statut très critique. Il n'existe plus que dans les départements côtiers de l'Ouest, des Côtes-d'Armor aux Pyrénées-Atlantiques. L'état de sa population est encore plus précaire que celui de la loutre. Au début du siècle, l'introduction de l'espèce américaine, Mustela vison, en ferme d'élevage, et la fuite d'individus dans la nature a pu accélérer son déclin en créant une concurrence avec l'espèce européenne. Les données bourguignonnes de vison d'Europe sont peu nombreuses. Dans l'Yonne, cet animal est déjà considéré comme très rare en 1864 par P. Bert qui a examiné un individu provenant de la Puisaye et signale son existence dans le bassin de la Loire. X. Gillot signale la capture d'un individu avant 1886 en Saône-et-Loire. En Côte-d'Or, au début du siècle, P. Paris cite deux individus tués dans la vallée de la Tille en amont de Til-Châtel. Aucune donnée ne concerne sa présence sur le Morvan et le vison d'Europe a sans doute disparu de la Bourgogne dès le début du siècle. Le vison d'Amérique est classé sur la liste des ' nuisibles ' dans l'Yonne.

loup (Photo Daniel Sirugue)

Au début du siècle dernier, le loup (Canis lupus) se rencontrait encore dans toutes les grandes forêts bourguignonnes. Il était encore bien présent sur le Morvan et de nombreux méfaits lui étaient attribués notamment sur les communes de Saint-Brisson, Lormes, Château-Chinon, Onlay, Moulins-Engilbert où les loups s'attaquaient au bétail qui pâturait dans les bois. Après la tourmente de la Révolution, la Louveterie est rétablie en 1805 par Napoléon. Les lieutenants de louveterie jouent alors un grand rôle dans la destruction des loups au moins jusqu'en 1860 en piégeant et en organisant des battues. Les loups deviennent de plus en plus rares à la fin du second Empire et la lutte acharnée contre cet animal par les collectivités et les particuliers va entraîner progressivement son extinction. La guerre de 1870, en permettant une légère augmentation de leurs effectifs, leur laisse un sursis. à partir de 1880, la capture des loups passe en moyenne à un individu par an. Un loup est encore tué au fusil à Cervon en 1889, une louve à coups de pieu à Brassy en 1895 et deux louveteaux nouveau-nés, pris à la main à l'Huis-Boulard sur Saint-Hilaire-en-Morvan à cette même époque. Les armes à feu, le poison (la noix vomique puis la strychnine à partir de 1880) et l'augmentation des primes ont été les principaux moyens utilisés pour le détruire. Ce déclin est général pour la France. La chute des populations entamée avant la fin du XVIIIème siècle s'est achevée dans les années 1930. Le loup, animal social, semble éteint en France en tant qu'espèce à population reproductrice entre 1930 et 1939. Quelques individus sont encore vus ou tués en France après cette période. R. Hainard cite le cas d'un louveteau tué pendant l'hiver 1945-1946 dans la région de Flavigny-sur-Ozerain et d'autres individus ont été vus l'hiver suivant en Côte-d'Or. Le loup est de retour en France dans le Parc national du Mercantour depuis peu.

Le cas d'un carnivore occasionnel : la genette

De la taille d'un chat, une robe tachetée de noir, un museau allongé, une longue queue annelée caractérisent la genette (Genetta genetta). Appelée également ' chat des genêts ', elle a été plusieurs fois signalée dans le Morvan (animaux piégés) notamment à la Boulaye (Toulon-sur-Arroux) en 1961, à Montsauche en 1963, à Ménessaire et dans la région de Vézelay. On ne connaît pas l'origine de ces animaux capturés. Sont-ils issus d'une véritable population ou d'animaux lâchés ou d'individus erratiques ?

genette (R. Rossoux)

Aucune donnée fiable n'a été recueillie depuis vingt-cinq ans ans en Morvan. En fait, cet animal facile à piéger ne semble pas avoir eu réellement de noyau de population. Ce viverridé, originaire d'Afrique, introduit historiquement par les Sarrasins en Europe, est une espèce méridionale qui présente une aire de répartition soumise aux températures estivales hautes supérieures à 18°C, à des hivers doux et à une pluviométrie relativement faible. Pourtant, l'apparition possible de cette espèce en Morvan n'est pas exclue car des individus ont été observés de nuit dans d'autres régions bourguignonnes dont le Nivernais central par J.-L. Clavier.

En France, l'essentiel des populations de genettes est cantonné au sud de la Loire et à l'ouest du Rhône. L'espèce connaît actuellement une expansion géographique en direction du Nord-Est qui tient probablement au fait de la protection légale dont cet animal bénéficie depuis 1976.

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