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Halles et marchés, places de foire

Témoignage d'une longue tradition d'échanges, les halles désignent l'espace public où se tient un marché ; ce lieu peut être juste couvert ou totalement fermé. Mais le terme 'halle' désigne surtout une architecture. Lieux de vie, les halles, marchés couverts, étaient aussi et surtout le cœur des échanges et des activités commerçantes du village ou de la ville, reflet de son importance mais aussi économiquement recherché.

Hormis dans les villes portes, leur nombre est infime en Morvan (Lormes, Moulins-Engilbert par exemple).
La tradition des marchés perdure encore chaque semaine dans beaucoup de villages et bourgs du massif, comme pour les foires traditionnelles qui rythment l'année. Mais les étalages changent. Par exemple, les volailles et autres produits des fermes se font rares. Peu de femmes d'agriculteurs travaillent de nos jours à la ferme et l'élevage naisseur de charolais ne laisse plus de temps à d'autres activités.

Les places de foire occupent encore une place importante. Beaucoup sont conservées en l'état ou du moins, l'emplacement. D'autres sont intégrées dans l'urbanisme contemporain et il ne subsiste que des éléments comme les anneaux d'attache des bêtes. Ces foires plus ou moins réputées selon les villages ou bourgs, étaient une des rares occasions de sortir du hameau, de la commune ou du canton. C'était un temps fort de sociabilité, d'échanges d'informations régionales, nationales et de rentrée financière, si ce n'était du troc. Elles proposaient aussi 'la louée' où journaliers, saisonniers, domestiques venaient se vendre par métiers.

Mais le Morvan acquit une grande réputation par ses foires à bovins. Les 'rouges', les barrées puis les charolaises nées, élevées, dressées en Morvan, pays naisseur, étaient très recherchées par les 'bas pays' des marges, dits pays d'embouche où elles y engraissaient vite et bien (aux XVIIe et XVIIIe siècles, les armées recherchaient les chevaux du Morvan). Les sucriers du nord et de l'est de la France vinrent aussi acheter les bœufs et louer leurs bouviers pour leurs travaux (la foire de la Saint-Ladre à Autun).

Enfin, certaines foires, avec des concours surtout dans la deuxième moitié du XIXe, contribuèrent au développement du Morvan agricole par la diffusion de nouvelles techniques, de savoir-faire, de matériels 'modernes' et de concours d'élevages. Ceci a pu, entre autres, stimuler la sélection et la qualité des mères et taureaux charolais. Ce qui fait encore aujourd'hui la réputation du Morvan naisseur par la qualité de ses éleveurs et de leurs bêtes. Les 'marchés au cadran' ont remplacé les foires.

Mais cette tradition de foires annuelles est restée encore vivace, comme celle des comices ; même si les produits proposés évoluent, elles attirent toujours une foule de gens.

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