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Les remèdes à usage externe

L’action des plantes à distance
Plusieurs témoignages attestent d’un effet exercé par les plantes à distance sur le corps, tant en médecine humaine que vétérinaire. Cette propriété peut être recherchée pour combattre certaines affections. Ainsi, «ma mère allait respirer profondément sous un Chêne, quand elle sentait venir la crise d’asthme», nous rapporte une informatrice. Se mettre sous une Aubépine passait pour soigner la fièvre. Rappelons que cette espèce était, jusqu’à la fin du XIXe siècle, réputée pour son action fébrifuge en infusion.
À l’inverse, l’action à distance de certaines plantes peut être redoutable. L’exemple le plus cité demeure celui du Noyer. «Un garçon qui était fragile des poumons, un peu tuberculeux, s’est reposé sous un Noyer. Et sa famille l’a cherché. Ils l’ont trouvé mort! Le docteur est arrivé. Il a dit “ha, le malheureux, il aurait jamais dû se mettre là! ”. Oui, c’est très mauvais l’ombre du Noyer. D’ailleurs, regardez, rien n’y pousse en dessous. Même l’ombre du Sapin, c’est pas bon. L’été, on allait parfois s’y reposer, et bien on ne pouvait pas rester, c’était trop frais, c’était pas bon». Les informateurs sont très vigilants quant aux contrastes violents de température. «Il ne faut pas aller sous un Noyer quand on a chaud. L’ombrage est néfaste, c’est trop humide, ça fait du mal. »
Dans un autre domaine, le Chèvrefeuille provoquerait un effet sur le psychisme de l’individu. «Vous cueillez du Chèvrefeuille et vous le mettez sous votre oreiller. Ça fait rêver! On voit tout en rose... On voit des voyages, des jeunes filles! »

Les bouquets suspendus
La survivance de la tradition des bouquets suspendus fut certainement plus vivace que d’autres rites. Et comme s’indignait ce curé de Glux-en-Glenne, village du sud du Morvan, les habitants plaçaient plus volontiers leur foi dans le bouquet de Plantain accroché dans les étables, «pour éviter le mal blanc des bêtes ou le faire partir des étables» que dans le Bon Dieu! En médecine vétérinaire, où l’Église a certainement exercé une influence moins forte, les croyances populaires ont persisté plus longtemps qu’en médecine humaine. De surcroît, le non remboursement des soins vétérinaires a contribué au maintien de ces remèdes populaires. Pratique contemporaine, les bouquets de Houx suspendus dans les étables préservent le bétail des dartres. L’utilisation actuelle du Houx en médecine homéopathique contre cette affection permet-elle d’envisager une hypothèse d’interprétation?

Des plantes sur le corps
Certains portaient à même leur corps des plantes ou bien des organes végétaux pour prévenir ou traiter diverses affections. Il est par exemple conseillé de mettre un Marron d’Inde dans sa poche contre les rhumatismes ou encore d’en mettre trois contre les hémorroïdes. La plante est alors supposée avoir une action à distance. Doit-on rapprocher ce mode d’utilisation de la pratique suivante: «Je mets des feuilles de Marronnier dans l’eau-de-vie pour frotter les rhumatismes. Ça, c’est une recette qu’une dame polonaise m’a donnée».
Dans le Charolais, on tenait sur soi le Bédégar contre le mal de dents. «Les boules d’Églantine, c’est tout en mousse... Il fallait en mettre une dans sa poche quand on avait mal aux dents, quand on avait une rage de dents, quand on avait les dents gâtées. » Aurions-nous aujourd’hui perdu ce contact étroit du corps avec la plante? Connu notamment dans le sud de la Bourgogne, un dicton célèbre corrobore l’idée d’efficacité de l’application de plante sur le corps: «Si l’homme savait les vertus de l’Artemise (Armoise commune), il en mettrait dans sa chemise! ». Dans le Morvan, on préconise de «mettre de la Menthe fraîche, si possible dans un sac, le poser sur la poitrine de la personne qui est oppressée, qui ne peut plus respirer». L’application plus localisée de plante fraîche peut déclencher des réactions physiologiques rapides. «On mettait une tige de Persil aux bébés quand ils étaient constipés, et ça leur déclenchait les selles. » Cette plante est toujours employée actuellement, posée en bouquet sur le nombril «pour le mal des transports».
Il est aussi recommandé de «mettre de l’Ail dans l’oreille pour faire passer le mal» ou bien encore de placer «une gousse d’Ail chaude dans l’oreille de l’enfant qui a une otite ou de celui qui a mal aux dents».
Dans le domaine des affections des voies respiratoires, «pour soulager les maux de gorge», il fallait «prendre un morceau de Thym dans le jardin, le sucer avec un morceau de Pomme ou de miel. Ça faisait seulement depuis la guerre, la seconde, qu’on voit ça (le Thym) en infusion». Autre exemple, l’application de sève de Bouleau dans le conduit auditif pour calmer les douleurs d’oreille, témoigne de cette relation directe du végétal au corps.
Parmi les pratiques préventives, l’usage des feuilles de Frêne posées à même la tête, sous la casquette ou le chapeau, permettait de se protéger des «coups de chaleur».

La médecine des odeurs
Le collier d’Ail est l’une des pratiques les plus courantes de port de plantes odorantes sur le corps. Son action vermifuge passait pour souveraine. «Les mamans faisaient des chapelets d’Ail qu’elles mettaient au cou des enfants, parce que les oxyures remontent... Et les gamins toussaient!... Et ils (les vers) n’aiment pas ça, l’odeur de l’Ail, alors ils ne remontaient pas. » On précise que «les gousses d’Ail étaient épluchées, puis enfilées sur un cordon». L’action de la plante est expliquée par la puissance de l’odeur, concept cher à la médecine médiévale. Cette thérapeutique était également en vigueur dans d’autres types d’affections. «Quand il y a eu la diphtérie à Bazolle, on mettait un collier d’Ail autour du cou. » Par ailleurs, les senteurs végétales se révèlent d’un grand secours dans la lutte contre les insectes. Pour repousser les moucherons, il était coutume de «se frictionner le visage, les bras, les jambes avec des feuilles de Chêne fraîches... Au printemps, il y a souvent beaucoup de moucherons dans les champs». Certains préféraient la décoction de fleurs «d’Am’ rel’», Camomille matricaire, que l’on mettait dans une bouteille et dont on se frictionnait pour éloigner les moustiques, quand on allait aux champs, au jardin, arracher les pommes de terre.

Les poudres
Issues du broyage et du tamisage de plantes sèches émondées, les poudres rappellent la médecine ancienne. Peu nombreuses, elles sont illustrées par l’usage de la poudre de Vesse de Loup, appliquée sur les engelures et de celui de l’Achillée sternutatoire: «Quand on a fait sécher la plante, on la met dans une toile. On en respire un peu pour éternuer, quand on a le nez bouché».

Les fumigations
Issues de l’action de fumées ou de vapeurs, les fumigations sont la marque d’archaïsme médical. Elles semblent avoir disparu en grande partie au XIXe siècle. Toutefois, certaines pratiques ont perduré jusqu’au début du XXe. Elles consistent principalement à désinfecter l’air ambiant, ou bien à agir plus localement sur certaines parties du corps. Les fumigations jouaient un grand rôle dans l’administration de sudorifiques, fort en vogue depuis le Moyen Âge pour combattre les fièvres. «La fleur de Sureau servait à préparer des bains de vapeur dans le cas de bronchite et de gros rhume. On faisait bouillir une grosse poignée de fleurs de Sureau dans un récipient à col large, genre fait-tout. Le malade assis sur son lit mettait le récipient fumant entre ses jambes et se penchait sur la vapeur répandue. On mettait un drap de lit sur la tête du malade, cela faisait une espèce de tente et provoquait une sudation importante. »
«Pour suer, il y avait le Sureau, la Bourrache et la Reine des prés. » À ces plantes, s’ajoute la Sauge officinale parce que «ça dégageait, ça faisait transpirer». Fumigations et sudoriques sont étroitement liés, la chaleur provoquant une action sur la circulation des flux corporels.
Les fumigations agissent encore sur la lactation. Dans l’Avallonnais, il était coutume de préparer «un feu de javelle, sarments de Vigne. La femme se met devant. La fumée qui s’en dégage a une action sur le lait de la femme». Par ailleurs, les fumées de Genêt à balai traitaient les engelures. Dans l’Autunois, pour soigner les hémorroïdes, il était d’usage de «râper l’écorce du Sureau, la faire bouillir, poser les fesses au dessus de la fumigation». «Pour les gens très constipés, rapporte une femme du Bassin Minier, on faisait une décoction de Mercuriale, sur le seau hygiénique, on allait sur le seau. C’était la vapeur qui était émolliente. C’était le traitement d’une dame née en 1834. »

Les frictions
Diverses affections sont traitées par friction des parties atteintes, avec des plantes fraîches ou bien des macérations. Par les mouvements sur le corps, ce mode thérapeutique apporte une certaine forme d’énergie et de chaleur. Le plus souvent, il sera appliqué aux maux dont l’étiologie est perçue comme un blocage du flux sanguin ou d’énergie. En dynamisant et réchauffant le corps par l’action de la plante médicatrice, ces désordres sont supposés être rétablis. Ainsi se flagelle-t-on avec des Orties fraîches pour les problèmes de circulation, ainsi que les «douleurs» ou rhumatismes, parce que «ça chauffe» ou «ça fait circuler le sang». Ailleurs, on se frictionne avec de la racine de Tamier commun «contre les coups», «les douleurs et les tours de rein», d’où le nom populaire d’Herbe aux femmes battues. Pour «redonner des forces», un vin de Sauge est utilisé en friction. «Ma mère avait acheté de la Sauge chez le pharmacien, parce qu’il n’y avait pas beaucoup de Sauge à Aluze. Elle faisait cuire la Sauge dans ce vin et elle me frottait avec pour redonner des forces. Elle laissait cuire dix minutes. C’était une femme qui l’avait dit... J’étais quasi mourante, vers onze ans comme ça... Bon, la Sauge, c’était pour me redonner des forces dans les jambes, que je ne tenais plus dessus. »
On se frotte encore les gencives «pour en soigner les douleurs» avec la racine ou «bois de Réglisse», ainsi qu’avec des feuilles de Menthe sauvage «pour les fortifier».

Les flagellations
Autre forme de révulsifs, la flagellation d’Ortie, là aussi «échauffante», permet de rétablir l’équilibre du corps après le traumatisme d’un choc important. «Il faut se battre avec des Orties quand on a eu un gros choc ou fait une grosse chute. Un voisin s’est trouvé écrasé sous un tombereau qui s’est renversé sur lui. Il a dit à son fils qui était avec lui de le battre avec des Orties. C’est ce qui l’a sauvé! »

Les cataplasmes
On appliquait les plantes fraîches, parfois infusées, entières ou malaxées, sur le mal. Les cataplasmes sont aussi l’expression d’un rapport direct avec le végétal. L’exemple le plus cité, encore fréquent de nos jours, demeure celui du Chou. L’application de ses feuilles soigne une foule de maux: ulcère de la peau, entorse, mal blanc, abcès, blessure, douleur articulaire, rhumatisme, arthrose, colique, circulation, mal aux jambes... Dans le cas des affections internes notamment, les feuilles de Chou sont trempées dans l’eau bouillante ou bien passées au four. Là encore, supposé rétablir un équilibre rompu, l’effet de chaleur est recherché. En revanche, on posait des feuilles fraîches de Cresson de fontaine sur les articulations douloureuses.
Les cataplasmes visent des parties stratégiques du corps, tout comme dans le cas de l’utilisation «de l’Ail écrasé sur la plante des pieds pour faire baisser la fièvre des enfants».
Cultivé dans le Morvan pour la fabrication d’huile pendant la guerre, le Pavot œillette soulageait le mal de gencive, sous forme d’application de graines placées dans un linge chaud sur la joue ou sur la gencive elle-même.
En Bazois, les dartres sont soignées par des cataplasmes d’écorce de Sureau noir. «On prend la troisième écorce du Sureau, sous la deuxième qui est verte. On râpe cette troisième écorce et on la met en cataplasme sur les dartres. » Les cataplasmes sont le mode de soin privilégié de la peau. «Autrefois, les femmes se faisaient des masques de beauté pour la peau avec des Fraises écrasées. On disait même que la gouvernante d’Achille Milien, qui ne se lavait pas beaucoup, le faisait et qu’elle avait une très belle peau! »

Les révulsifs et sinapismes
Les révulsifs provoquent une irritation locale pour drainer le sang d’une région malade vers les téguments. Ainsi permettent-ils de soulager les inflammations ou les congestions. Dans le cas d’affections respiratoires, tels le rhume, les bronchites et les broncho-pneumonies, ils constituent un procédé thérapeutique précieux. La pharmacopée populaire a longtemps conservé l’usage des cataplasmes de Lin qui ont un but réchauffant, de même que les sinapismes à base de Moutarde. Ces préparations révulsives créent un échauffement, voire une certaine irritation, ainsi qu’une dilatation des vaisseaux. La Moutarde figurait parmi les espèces les plus couramment employées. «Quand j’étais sortie d’une pneumonie avec une rougeole, je prenais même des bains avec de la Moutarde. » Une informatrice nous donne une interprétation de l’effet d’un sinapisme: «Les cataplasmes de farine de Moutarde, quand vous aviez un bon rhume, ça vous enlevait la chaleur. Parce que ça brûle la gorge, quand vous commencez un rhume. Alors, ça vous faisait du bien, ça tirait la chaleur. On n’aimait pas ça, nous les gosses... Et on le faisait le plus chaud possible». Là encore, intervient le processus de «chaleur», ici en excès et facteur perturbant qu’il convient de neutraliser par l’application du cataplasme, lui-même échauffant. Ainsi, les éléments semblables s’attireraient, chaleur du corps et du remède, et s’annuleraient. Une autre explication mécaniste conforte ces représentations médicales: «On faisait des bains de pieds par exemple, si on avait le sang à la tête, des migraines. Ça tirait le sang aux pieds... Vous en mettiez une poignée dans l’eau chaude, mais tout de suite, vos pieds rougissaient. Vous savez, le sang descendait d’un seul coup... Ça dégage, puis les gens qui sont surtout portés à avoir des congestions, vous savez, on est des fois congestionné,... ou des coups de soleil, le sang monte à la tête... On en faisait beaucoup».
Autre illustration, l’une de nos interlocutrices signale encore «l’application d’Ortie dioïque sur la poitrine contre les bronchites».

Les sétons
À l’origine, le séton correspond à un fin cordon de crin introduit sous la peau, à travers un premier orifice articiel et sortant par un second. Ce dispositif permet ainsi d’assurer le drainage, notamment «d’humeurs du corps». Il fait alors office d’excrétoire ou d’émonctoire articiel. Fréquemment employés en usage vétérinaire, les sétons sont en Bourgogne le plus souvent composés de racine d’Ellébore fétide, plante toxique. «Mon père mettait de l’Ellébore dans le poitrail de la jument pour faire un abcès de fixation. C’était pour une infection après une mauvaise délivrance. »

Onguents et pommades
Autrefois, la pharmacopée s’appuyait sur les trois règnes, végétal, animal et minéral. Dans la fabrication des remèdes, notamment externes, les substances d’origine animale ont joué un rôle non négligeable. De par leur composition, elles exercent sur la peau une action spécique, émolliente, astringente ou protectrice. Utilisées principalement comme excipient gras, elles permettent la pénétration de principes actifs végétaux associés. Pour «faire sortir une épine ou guérir les furoncles», on enduit une feuille de Ronce de crème de lait de vache ou de saindoux, voire à défaut du savon. L’action émolliente du corps gras se conjugue avec la vertu astringente de la Ronce, très riche en tanin. Certains liront à travers ces remèdes la survivance de la Théorie des Signatures, l’aspect de la crème ou du saindoux pouvant évoquer celui des panaris, anthrax et furoncles. Ces maux sont également soignés par des feuilles de Plantain recouvertes de crème et appliquées en cataplasme. Incorporés à la graisse blanche ou bien au saindoux, les cataplasmes de Cerfeuil haché ont pour vertu de faire passer le lait en fin d’allaitement. Les graisses d’origine animale servent souvent d’excipient aux pommades, comme l’atteste le témoignage suivant: «Prendre un morceau de lard gros comme un savon. Y piquer le maximum de grains d’Avoine sur toutes les faces en laissant dépasser une partie des grains. Mettre le feu, le lard fond. On le récupère. Ça fait une pommade tonique. C’est un remède d’un vieux charbonnier, c’était très utilisé dans les bois».
La pommade à base de fleurs de Souci des jardins et de saindoux, ou d’huile, soigne les blessures et active la cicatrisation. Comme excipient des pommades, l’huile occupe encore une place prépondérante, notamment dans les remèdes contre les brûlures, telle l’huile de Millepertuis. Véritable aliment de l’homme et indispensable à l’entretien de sa santé, le «gras» joue un rôle important dans la société traditionnelle, tant dans le domaine culinaire que thérapeutique. Glissement de représentation ou d’usage du «gras», celui-ci encore, tandis qu’il «l’adoucit», «nourrit la peau».
Préparés pour le soin des brûlures, plusieurs onguents associent aux corps gras des végétaux à forte connotation symbolique. Dénommée Herbe à la tonne, la Joubarbe des toits protège dans le Morvan de l’orage et de la foudre, donc du feu. Cuite dans du saindoux, elle est employée dans la fabrication d’une pommade contre les brûlures. Certaines recettes mêlent également des éléments empreints de symbolisme religieux. Dans la région de Beaune, Olivier, Buis et cire sont les ingrédients d’un onguent pour les brûlures.
À base de racines de Scrofulaire noueuse, cuites plusieurs heures voire une journée dans du saindoux, la pommade de la «mère Mondange» traitait les hémorroïdes dans le Bassin Minier. En règle générale, l’apanage de quelques «bonnes femmes», ces remèdes élaborés échappaient à la pharmacopée familiale ordinaire. Ce savoir spécialisé conférait un certain prestige à celui qui le détenait et le mettait en pratique. Bien souvent, ces préparateurs empiriques essaimaient généreusement autour d’eux des petits pots d’onguent précieux.
Par ailleurs, diverses propriétés médicales étaient prêtées aux organes des animaux, ainsi qu’à leurs excréments. Quelques vestiges de cette médecine ont subsisté jusque dans la première partie du XXe siècle. «Le Sureau, il y a trois écorces. La première elle est grise, puis après il y a la deuxième, elle est verte. Et avec celleci, on fait une pommade pour les brûlures... Ma mère avait mis son pied dans du marc de café brûlant. On lui a retiré son bas et on a dit “tu fais lever la vache, tu enduis le pied de bouse de vache”. Elle a dormi avec ça la nuit. Le matin, on lui a mis de l’huile de Ricin mélangée à la deuxième écorce de Sureau. En douze jours, son pied était guéri! »

Les bains
Les bains thérapeutiques étaient surtout réservés aux enfants, très certainement pour des raisons matérielles (quantité d’eau chaude nécessaire et taille des baquets). Quant aux adultes, ils s’entouraient d’un drap imbibé de l’infusion prescrite. Pour combattre une congestion pulmonaire, il faut «préparer un bain avec une infusion de fleurs de Tilleul. On le fait bouillir un peu. On fait prendre un bain au malade, ou bien on l’enveloppe dans un drap trempé dans le Tilleul. Ça fait tomber la fièvre. Je l’ai fait à un de mes enfants, la fièvre est tombée au bout de deux heures». Ce bain calme aussi les personnes agitées ou insomniaques.
Il était coutume de soigner par le bain certaines parties du corps atteintes d’inammation. Tout en prévenant l’infection, les bains de fleurs de Sureau soulagent efficacement les entorses, les œdèmes, les piqûres de guêpes ou moustiques et diverses blessures. Salutaires pour les hématomes et les problèmes de circulation provoquant la turgescence des tissus, les qualités anti-inflammatoires du Sureau noir sont réputées. Forme thérapeutique privilégiée dans le traitement des hémorroïdes, les bains de siège font appel à diverses espèces végétales. «Ma mère prenait beaucoup de petit-chêne (Germandrée) pour les hémorroïdes. C’était calmant et décongestionnant. Ça la soulageait. Elle devait faire des décoctions d’un quart d’heure environ, pour faire des bains, peut-être une fois par jour... ». Le Millepertuis perforé, feuilles et racines, connaissait la même utilisation. Un informateur du Bassin Minier relate que «son grand-père souffrait terriblement d’hémorroïdes et éprouvait un grand soulagement en prenant des bains de siège dans une source d’eau vive, bordée de Ficaire». Dans cette même région, «les gamins disaient que leurs grands-parents se lavaient tous les matins avec des Orties dans la cuvette d’eau pour les douleurs».
Certains bains de siège ont la réputation de faciliter les accouchements.
Pour leurs propriétés antiseptiques et adoucissantes, les bains oculaires calment divers maux d’yeux. Préparés sous forme d’infusion de fleurs de Bleuet des champs, Camomilles, Mélilot ofcinal, Millepertuis perforé, Myosotis, Petite Pervenche, Rose ou Violette, ils soignent notamment l’inflammation. Les bains oculaires de Grande Camomille, Guimauve officinale, Mauve musquée, Plantain majeur ou Sureau noir traitent les orgelets. Cultivée dans les jardins, à la fois plante médicinale et ornementale, la Centaurée des montagnes se substitue parfois au Bleuet des champs. Ces fleurs, de couleur bleue, peuvent rappeler la couleur de l’iris de l’œil, attestant la Théorie des Signatures.
Les bains de bouche étaient pratiqués pour le soin des maux de dents, notamment avec l’infusion de Guimauve et de Mauve.

Les lotions
Préparations destinées aux soins locaux externes, en simple application, les lotions sont obtenues par recueil des principes actifs, souvent dissous ou dispersés dans un excipient, telle l’eau distillée.

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  • Chèvrefeuille
  • Moutarde

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