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Maréchal-ferrant

La mécanisation du matériel agricole s'introduisant tardivement dans le Morvan, souvent après 1950, les paysans ont longtemps utilisé les bovins, vaches et boeufs, exclusivement comme animaux de trait. C'est pourquoi le maréchal-ferrant a été un personnage très important dans la vie du village.

Généralement, le maréchal-ferrant ferre surtout les chevaux mais en Morvan, ce sont les bovins qui lui fournissent le plus de travail. Moins fragiles et plus adaptés aux terrains difficiles du pays, les bovins sont plus utilisés pour les travaux des champs et pour le charroi que les chevaux. Dans beaucoup de villages le maréchal-ferrant est aussi forgeron, ferronnier ou serrurier. Bien sûr, il ferre les animaux mais il est également souvent consulté lorsque les bêtes sont malades ou blessées.

La ferrure est fondamentale pour que l'animal soit efficace dans son travail. Elle joue un rôle de protection mais donne aussi tout son équilibre à l'animal ; elle permet de corriger les défauts des sabots. De véritables fers orthopédiques sont parfois conçus pour certains animaux.

Le ferrage des boeufs diffère selon le type de tâches confiées à l'animal. En période de labour ou de fenaison, la ferrure est simple, elle est posée sur l'onglon extérieur, mais lorsque l'animal travaille quotidiennement sur des terrains accidentés, la ferrure est dite 'à plat' ; elle est posée sur les deux onglons du pied. Le ferrage des bovins se déroule toujours autour du travail à ferrer.

Le ferrage du cheval est un travail délicat et dangereux. Des fers bien posés se changent tous les deux ou trois mois en général. Tout d'abord, le maréchal-ferrant doit enlever les clous et les vieux fers. Pour cela, il utilise des longues pinces en forme de tenailles appelées de tricoises. Ensuite à l'aide d'un boutoir ou d'un rogne-pied, sorte de ciseau à lame droite, il élimine l'excédent de corne sous les sabots. Alors que le fer chauffe dans le fourneau, les sabots sont nettoyés à la rénette et à la râpe. Quand le fer introduit dans le fourneau devient rouge sombre, le maréchal-ferrant le saisit avec une pince à mors plats et le pose sur la surface du sabot afin qu'il 'moule' son emplacement. Puis le fer est refroidi et mis en place grâce à des clous dont la tête est carrée. Pour que le cheval soit bien équilibré, le fer doit porter sur toute la surface du sabot. Les clous qui dépassaient sur le côté du sabot sont enfin coupés à la tenaille et limés.

Avec l'arrivée de la mécanisation dans la campagne morvandelle, le maréchal-ferrant s'est peu à peu spécialisé dans l'entretien et la réparation de matériel. Ils deviennent en quelque sorte des mécaniciens.

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