Vous êtes ici

L’outillage agricole

Lors des travaux de coupe des bois, les hommes observaient attentivement certaines règles, eu égard à la lunaison. Ainsi, «on coupait le bois d’œuvre en lune descendante pour que les bêtes ne l’attaquent pas. Le cochon se tue aussi en lune descendante pour qu’il se conserve plus longtemps». En dehors des objectifs de conservation, il est admis de «couper le bois tendre en lune tendre, le bois dur en lune dure (de la pleine lune à la lune descendante) ». En revanche, «quand on veut attendrir un bois dur, comme le Châtaignier, il faut le couper en lune tendre». Selon d’autres informateurs, il convient de «couper comme tous les bois blancs, trois jours après que la lune ait tourné, soit trois jours après la nouvelle lune jusqu’au premier quartier. C’est plus solide».

Lors de la «mauvaise saison» étaient préparés avec certaines essences diverses pièces ou outils, par exemple: De nombreuses espèces ligneuses servaient à fabriquer les manches d’outils: le Robinier faux-acacia «qui ne casse pas»; le Châtaignier notamment pour le «dard», la faux, «coudée en deux places pour mieux manœuvrer», le Cornouiller mâle au bois «solide, mais lourd», le Frêne, le Fusain, «bois dur pour les manches de marteau», le Hêtre «pour les manches de martin ou de grosse», le Houx, bois «dur et noueux», et «qu’il faut couper en quatre pour qu’il ne se fende pas», le Saule pour différents outils; le Noisetier à «couper en vieille lune l’hiver». Signalons l’existence de manchisteries artisanales notamment dans l’Yonne, à Touillon, près de Montbard ou à Châtel-Gérard, près de Noyers et qui fonctionnèrent de 1850 à 1978. «On fabriquait les manches en Cornouiller mâle du Morvan pour les marteaux, ou bien en Érable, Charme ou Frêne pour les pelles et les pioches des terrassiers, en Hêtre ou en Frêne pour les faux... On s’approvisionnait dans le Morvan, vers Domecy-sur-Cure... vers le barrage, auprès d’un marchand de bois... Un temps, on a même fourni des bâtons de pèlerin, en Cornouiller mâle, pour les musulmans qui se rendent à la Mecque, plus de 10 000! »
Enn, les «écueillons», aiguillons pour guider les bêtes, sont en Houx, Noisetier ou Alisier. «On choisissait une branche bien droite pour faire marcher les bœufs. C’est un bois grand et dur, du Pian blan. »

Fabrication d’une fourche
«Pour faire une fourche, prendre du Noisetier dont les branches forment une fourche... Tailler. » D’autres préfèrent le Boulâ, Bouleau, au Coudrier. Il convient de «les couper en lune tendre, parce que c’est un bois tendre». Puis, «faire un feu de broussailles. Faire chauffer le bois. Prendre une échelle. Enfiler les trois dents de la fourche entre les barreaux d’échelle pour donner la forme de la fourche. On peut aussi faire chauffer le Noisetier dans le four à pain... Et puis, quand c’est chauffé, le bois ne pourrit pas. »

Utilisations des essences
Chêne: tombereaux à bœufs, roues de charrette (tour), attaches de joug
Châtaignier: charpente, tuiles, ratelots, piquets de clôture, cercles de tonneaux ou «futailles», montants d’échelle
Hêtre ou Cormier: joug
Robinier faux-acacia: barreaux d’échelle ou de râteaux, diverses pièces dans le domaine du charronnage
Houx: «cor’botte» ou «courbe» pour «atteler, mettre le joug aux bêtes»
Cerisier Sainte-Lucie: plantoir en bois, «c’est le seul arbre qui fait un coude naturel ouvert» (forme des branches)
Troène: lattes des toitures en chaume, rames de Haricot

Contributions

Il n'y a actuellement aucune contribution.

Contribuer

Ajoutez une ou plusieur images (maximum : 5)