Vous êtes ici

Les voies respiratoires

Les maux de gorge
L’abondance des citations concernant les soins des maux de gorge témoigne de la fréquence de ces affections.
En les combattant utilement, la redoutable Ronce devient une amie précieuse de l’homme. Prises en gargarisme ou en infusion, ses feuilles riches en tanin exercent une action astringente sur les tissus. Alors que certaines informatrices recommandent la Ronce pourvue de «3, 5 ou 7 feuilles» (folioles), d’autres conseillent la Ronce «qui rampe, qui traîne, pas celle qui fait des buissons et des fruits». «Les enfants, après l’école, le long des chemins, cueillaient des feuilles de Ronce, la Ronce rampante au sol, sur le talus. Une bonne poignée dans une casserole en infusion contre les maux de gorge et la toux. On prend la plante sèche ou fraîche. On fait cela le temps que dure la toux ou le mal de gorge. Le séchage se faisait sur des claies à Houblon dans le grenier. » Une informatrice y associe également les fleurs de Ronce. Dans certaines contrées, l’infusion de sommités fleuries était en effet couramment utilisée. L’infusion de Ronce est sucrée avec du miel, voire de la confiture de Mûres, créant ainsi un effet de synergie. Délayée dans un verre d’eau chaude, la confiture de Mûre adoucit la gorge. La consommation de confiture de Mûre, ainsi que celle de Myrtille, semble bénéfique. Le mélange de feuilles de Ronce, de Cassis ou de Framboisier est également prisé. «Hacher deux tiers de feuilles de Ronce et un tiers de feuilles de Framboisier. Laisser fermenter 2 jours dans un torchon. Puis boire en infusion. » À défaut de feuilles de Ronce, on peut se gargariser avec l’infusion de feuilles de Framboisier.
L’infusion de Thym ou de Serpolet passe pour efficace. Une variante consiste à «prendre un morceau de Thym dans le jardin, le sucer avec un morceau de Pomme ou de miel». Préparés avec l’infusion des fleurs de Sureau, les gargarismes résorbent les inflammations de la gorge. Consommés en tisane pour leurs qualités adoucissantes, la Guimauve officinale (fleurs, racines), les Mauves (fleurs) ou le Bouillon blanc (fleurs, feuilles) dissipent les douleurs de la gorge. Les Amandes cuites dans du lait pendant une vingtaine de minutes, bues en plusieurs fois, produisent un effet similaire. La décoction de racines de Chiendent était l’un des remèdes populaires des maux de gorge. Les infusions de Lierre terrestre (plante entière), de Violette (fleurs), de Capillaire ainsi que la décoction de Réglisse (racines) sont réputées.
Confectionnés de fleurs de Coquelicot ou de Cynorhodons, les sirops sont appréciés des enfants. En liqueur, les bourgeons de Pin sylvestre exerceraient une action remarquable.
À l’extérieur, on applique sur la gorge des cataplasmes d’Oignon chauds, pilés après coction, ou bien de «peaux» d’Oignon «cuites au four», ou encore de Pomme de terre très chaudes, écrasées après cuisson.


Le Thym.

L’enrouement
«Excellente contre l’enrouement», l’infusion de fleurs d’Épine-Vinette permettrait de recouvrer rapidement la voix. D’un usage plus courant, le Thym serait efficace en tisane. Sont également employées les feuilles de «Marguerite sauvage»: «Mettre les feuilles à cuire. On les sort. On suce quatre petites feuilles. On y fait pendant deux semaines».

Les maux d’oreille
Macéré dans l’huile d’Olive, voire cuit dans l’huile, le Millepertuis perforé dissipe les douleurs auriculaires. Quelques gouttes en sont écoulées dans le conduit auditif. Chez les enfants est appliqué dans l’oreille un coton imbibé de trois gouttes du remède. On recommande aussi de «faire macérer quelques fleurs de Camomille dans de l’huile d’Olive au bain-marie et d’en verser quelques gouttes dans l’oreille». Un informateur relate que sa mère était soignée avec de l’huile de Noix tiède introduite dans l’oreille et qu’elle en contestait fort l’efficacité! Ayant longuement vécu en forêt, une personne en rapporte la pratique suivante: «Mettre un morceau de Frêne vert, dans la cheminée ou dans le poêle. Laisser dépasser une extrémité du bout de bois. Recueillir la sève qui s’en écoule. Faites la tiédir. Et mettre quelques gouttes dans l’oreille». L’Ail calmerait les douleurs et les otites: «On mettait une gousse d’Ail chaude dans l’oreille de l’enfant». Enroulé et placé au creux de l’oreille, «le blanc de Poireau» serait efficace pour le mal d’oreille et l’otite. En application externe, l’infusion composée de Serpolet et de fleurs de Mauve, voire de Guimauve, aurait raison des abcès purulents. «On la passe sur l’oreille, ça fait percer et vider l’abcès. »

Le nez bouché
La bien nommée Achillée sternutatoire provoque un effet immédiat: «On fait sécher la plante. On la met dans une toile. On en respire un peu pour éternuer, quand on a le nez bouché».

La toux
Il est d’usage de composer un mélange pectoral, curieusement baptisé la «Tisane des quatre fleurs». En effet, celle-ci compte généralement huit espèces, choisies parmi les suivantes: Bouillon blanc, Bourrache officinale, Chiendent, Coquelicot, Guimauve officinale, Mauves, Pensée sauvage, Petite Pervenche, Pulmonaire officinale, Primevère officinale, Tussilage, Serpolet et Violette odorante. Par ailleurs, chacune de ces espèces peut être préparée seule en tisane. Les infusions de fleurs de Bourrache officinale sont recommandées «pour les poumons». Elles «facilitent l’expulsion des crachats». De même, «on faisait une tisane de fleurs de Guimauve quand on avait un gros rhume. C’était pour les poumons, quand on était pris comme ça sur la poitrine». Le Lierre terrestre est consommé en infusion pour «toutes les maladies pulmonaires et la toux». Dans le traitement des voies respiratoires, l’infusion de Petite Mauve ou de bourgeons de Sapin connaît un succès notable.
L’abondance des espèces employées reflète fidèlement la fréquence des toux, plus ou moins graves. On cite les infusions de Chèvrefeuille, Hysope, Primevère officinale, Ronce, Sauge officinale, Serpolet, Sureau noir, Thym et Tussilage. Remède des tout-petits, l’infusion de Pensée sauvage, à raison «d’une pincée de fleur par tasse», est indiquée «pour les bébés qui ont des glaires et qui toussent».


La Pulmonaire officinale.

Les affections des bronches
Dans les cas de «rhume de poitrine» ou de «faiblesses des bronches», la Bourrache officinale exerce une action favorable: «Prendre les fleurs en infusion pendant 3 ou 4 jours. Je prenais cela quand j’étais enfant. J’étais sujette aux coups de froid. L’infusion me faisait du bien et me guérissait la toux, la bronchite». L’infusion s’employait aussi en fumigation: «Il fallait respirer sur la Bourrache». Dans le même but était effectué un mélange de fleurs de Bourrache officinale, d’Hysope et de Tilleul. Ce dernier, recherché pour ses propriétés apaisantes, peut se consommer seul. En tisane ou fumigation, le Serpolet ou le Thym «dégage les bronches» et «soigne les bronchites». Dans certains cas, on faisait même infuser le Serpolet dans du lait. La Guimauve officinale, les Mauves ou encore le Tussilage «adoucissent». Les fleurs de Pulmonaire officinale, dont les feuilles rappellent les bronches par les dessins alvéolaires qu’elles portent, sont employées en tisane.
En infusion, les fleurs de Violette odorante, Primevère officinale et les sommités fleuries de Marrube sont appréciées pour leur influence bienfaisante sur les bronches. Les infusions de Lierre terrestre et de bourgeons de «Sapin» sont également fort prisées dans le traitement de la bronchite.
Pour soigner les rhumes de poitrine, «boire plusieurs fois par jour des infusions de Serpolet si possible avec les rameaux fleuris». «Pour se fortifier les bronches, faire cuire un petit rameau de Serpolet avec les légumes de la soupe. » Tant les fleurs de Pissenlit en sirop que les feuilles de Capucine en macération soulagent les affections des bronches.
Nombreux sont les cataplasmes élaborés dans les soins de la bronchite. La Moutarde seule ou accompagnée de Lin constitue un révulsif actif: «Diluer dans de l’eau de la farine de Lin et de la farine de Moutarde. Plonger un linge dans le mélange et le mettre en cataplasme... On achetait les farines chez la pharmacien». En cataplasme, la farine de Lin avait la réputation de «réchauffer» et de «faire cracher». Appelée le «gréné», la graine du foin ainsi que celle d’Avoine étaient d’un usage courant. La pratique consiste à faire chauffer dans une marmite le «gréné» arrosé de vinaigre. On dit alors qu’on le «fait ressuer». Les grains sont ensuite «mis dans un linge sur la poitrine».
Plus rare, mais néanmoins attesté, le cataplasme d’Ortie dioïque, aux propriétés révulsives bien connues, soigne aussi la bronchite.
Les plantes sudorifiques, notamment le Sureau noir, jouent un rôle important dans ce type d’affection: «La fleur de Sureau servait à préparer des bains de vapeur dans le cas de bronchite et de gros rhume. On faisait bouillir une grosse poignée de fleur de Sureau dans un récipient à col large, genre fait-tout. Le malade, assis sur son lit, mettait le récipient fumant entre ses jambes et se penchait sur la vapeur répandue. On mettait un drap de lit sur la tête du malade, cela faisait une espèce de tente et provoquait une sudation abondante».

La coqueluche
Les sirops de Radis noir, Raifort ou Navet comptent parmi les remèdes les plus usités. L’infusion de fleurs de Coquelicot ou de Capillaire atténue également le mal.

L’asthme
Les infusions de Serpolet ou de Gui, de fleurs d’Hysope ou de Coquelicot sont signalées «pour l’asthme». Les fumigations d’Eucalyptus apaiseraient. Une informatrice rapporte que sa «mère allait respirer profondément sous un Chêne pour se calmer quand elle sentait venir la crise».


La Bourrache.

La pneumonie et la congestion pulmonaire
Le concept du chaud et du froid nourrit la conception des maladies pulmonaires. «Une fois,... c’était l’été, il y en a un, il a bu de l’eau froide. Il a eu de la fièvre et il a fait un genre de pneumonie... Cette personne a été soignée par des infusions de Bourrache officinale. » Les tisanes de racines de Reine des prés dissiperaient les troubles dus à la congestion pulmonaire. Dans ce cas, on procède également à la préparation d’un bain apaisant: «Préparer un bain avec une infusion de Tilleul. On le fait bouillir un peu. Faire prendre un bain au malade ou bien l’envelopper dans un drap trempé dans le Tilleul. Ça fait tomber la fièvre. Je l’ai fait à un de mes enfants, la fièvre est tombée au bout de deux heures». Rappelons l’emploi quasi systématique des cataplasmes de farine de Moutarde pour ce type d’affection.

Contributions

Il n'y a actuellement aucune contribution.

Contribuer

Ajoutez une ou plusieur images (maximum : 5)