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Sabotier

Il y a encore quelques dizaines d'années, la grande majorité des Morvandiaux portait des sabots. Leurs utilisateurs les considéraient comme des chaussures pratiques et confortables. L'épaisseur du bois permet l'isolation du froid et de l'humidité et la largeur de la semelle empêche de s'enfoncer dans la terre humide. La forme du sabot n'est pas due au hasard ; la pointe du sabot sert au décrottage de la semelle. Le principal défaut du sabot est son usure. En effet, les sabots s'usent vite, en deux mois au maximum, ce qui explique que les sabotiers ne manquaient pas de travail !

Recherchant de vieux arbres en bonne santé, le sabotier choisit lui-même son bois. Les bois utilisés sont le bouleau, le pin ou le sapin, le hêtre ou l'aulne. Une fois choisi, l'arbre est écorcé et coupé en billes d'un mètre. Ces billes de bois sont ensuite découpées en trois morceaux. La longueur de ces morceaux correspond en fait à la plus grande pointure fabriquée (du 46).

Le bois se travaille quand il est à moitié sec. Le sabotier fixe le bloc de bois sur le billot, une souche d'arbre montée sur trois pieds qui est en quelque sorte l'établi du sabotier. A l'aide d'une large hache à bûcher au manche court et désaxé, l'artisan dégrossit le bloc de bois pour lui donner la forme extérieure du sabot. Cette opération s'appelle le 'bûchage'. Pour finir de donner sa forme au sabot par une sorte d'épluchage précis et dur du bois, le sabotier utilise un paroir, un outil en forme de sabre fixé par un anneau au billot. Après cette opération appelée 'parage', le sabot a sa forme extérieure et le sabotier peut dès lors le creuser. Pour cela, il utilise des petits outils comme la vrille, la gouge, la tarière ou le boutoir. Ensuite les sabots sont polis et décorés.

Le sabot est un produit fabriqué sur mesure pour le client. C'est pourquoi ce dernier essaie ses sabots chez le sabotier afin de lui dire ce qui doit être retouché pour que les sabots puissent être le mieux adaptés possible à ses pieds.

L'artisanat du sabot a surtout commencé à décliner au XXème siècle, avec d'une part, l'utilisation de la machine à tailler les sabots, et d'autre part, l'arrivée en France, après la seconde Guerre mondiale, de la botte en caoutchouc. Bien sûr, comme dans le reste de la France, porter des sabots n'est plus d'usage. Pourtant un sabotier perpétue encore ce savoir-faire en Morvan. Il s'agit de M. Alain Marchand qui, installé dans la saboterie familiale à Gouloux, façonne les sabots que les touristes venus en Morvan emportent en souvenir.

Galerie photo

  • Gouloux - le sabotier
  • Saint-Léger-Vauban - Moulin Trinquelin saboterie
  • ancienne saboterie à Saint-Père
  • musée du sabot - Etang-sur-Arroux
  • musée du sabot - Etang-sur-Arroux

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